Sortant de la maison et levant les yeux vers le ciel, Vallen retrouva ce qu’il aime le plus dans cette fête d’anniversaire. Le village était construit de manière à suivre le petit ruisseau dont le berceau ce trouve dans l’obscurité de la forêt avant de s’apaiser dans le lac qui borde les nombreuses maisons aux cheminées fumantes. Mélanges de pierres et de bois, ces maisons datent de l’époque des Heukros. Pour la plupart, elles ont vécues une grande partie de l’histoire du village grâce à un attachement particulier depuis de nombreuses générations. Pour célébrer ce jour, toutes les cheminées furent allumées par des feux de bois repeins de différentes couleurs de façon à colorer le ciel tel un arc-en-ciel. En plus de cela, sur les coins des fenêtres ont été déposées des petites bougies donnant à la tombée de la nuit un peu de lumière aux ruelles, en plus des faibles éclairages habituels. Ce spectacle des couleurs n’était cependant pas ce qui rendait si joyeux le garçon aux milles poèmes. Ce qu’il aimait le plus en ce jour est l’envol de lucarne par les villageois. Les lucarnes ont été construites par les plus jeunes de l’école du village en fin d’année. Ont été glissé par les enfants et leurs parents les prières des plus croyants ou des messages secrets des plus timides. Aux douze coups de minuit, elles arriveront aux mains des dieux de Planitka d’après certaines histoires très anciennes.

Les membres de la famille de Vallen tenaient aussi en leurs mains leurs propres lucarnes. Vallen ne savait pas quoi glisser dans son objet d’un squelette métallique et de papier orangée. Il fut cette année encore très embarrassé entre une multitude de vœux à exaucer. Dans un tiroir dans sa chambre était dressé une liste répertoriant tous ces vœux : du rétablissement de son père jusqu’au rapprochement de son amie Lina. Lina fut toujours l’une des seules filles de son âge dans le village qui s’est intéressée à la vie de Vallen, même ne serait-ce que pour un instant. Son doux visage fragile était mis en valeur par une chevelure unique, partant dans tous les sens. Le brun de sa chevelure –bien que partiellement gras– se mettait souvent à briller lors d’une trop forte exposition au soleil et devenait parfois roux. Brillant même autant que la mèche qui recouvre à moitié son visage de rousseur. Son regard intimidait Vallen pourtant très différente de sa seule amie. Ses yeux marron étaient délicatement entourés d’une fine couche de maquillage artisanale du village, noir et semi-transparent, aussi travaillé que ses petites lèvres de sa bouche. La fille du boulanger était auprès de sa famille et du reste des villageois très discrète et timide quand elle arrivait à bien cacher son jeu. Vallen a su apprendre véritablement d’elle pour découvrir son envie d’aventure et d’évasion. Elle serait prête à tout pour explorer le monde et profiter de la vie d’après elle « librement ». C’est cette vision de la vie qui a permis à Vallen de s’approcher de cette fille vivant à quelques pâtés de maison. La veille du 87ème anniversaire du Vieil Homme du village, le père de Lina était gravement tombé malade d’intoxication en voulant confectionner une nouvelle recette de tarte à la myrtille des eaux. Le jour suivant fut difficile pour cet homme souffrant autant que le père de Vallen également dans un sombre moment. Pour ce réconforter l’un de l’autre le temps des festivités, ils avaient décidé de vivre pour une soirée sous le même toit comme de bons amis. Vallen ne connaissait que de vue la petite Lina qui lui plaisait beaucoup à l’école. C’est lors des retrouvailles entre les deux pères que s’étaient également retrouvés le petit garçon timide et la petite fille au visage coquin.

Un premier son de cloche retenti. Les villageois furent conviés à se rendre au bord de l’immense lac. Les cheminées fumèrent de joie, les premières lucarnes sont lâchées. Vallen vérifia une dernière fois son habit pour chasser les dernières imperfections qui pourraient tirer de l’œil les autres enfants de sa génération. Les pétales de roses bleues correctement accrochées, la famille commença à marcher au sens de la grande rue qui menait à un petit chemin de cailloux perdu entre quelques arbres. Soudainement, Vallen senti un souffle à l’arrière de son coup. Puis son oreille commença à entendre des sons, des mots et des rires. Il reconnut une voix familière, douce mais légèrement cassée, s’adressant à une autre voix. Oliver, avec son audition plus développée était capable d’entendre les vibrations du sol et les mouvements des objets sans même les voir. Il se tourna vers Vallen dans la direction de son cœur, battant très fort.
- C’est bien elle. Ne te retourne pas.

Se retourner complètement l’éloignerait encore plus d’elle. Oliver savait cela, il le ressenti par les battements du cœur de son frère. Son cœur battait très vite et était glacial. Vallen se sentait mal d’être à proximité de Lina. Cela faisait longtemps qu’ils n’ont pas passé de journée ensemble à se raconter des histoires et à boire de délicieuses crèmes de fruits et de chocolat concoctées par Mme Vozduz. Alors, il changea la direction du regard vers l’horizon de la rue pour continuer de passer inaperçu. Ses doigts se serrèrent pour ne pas lâcher la lucarne des mains. Pour ne pas lâcher le petit mot secret que ne devrait surtout par voir la fille qui le suit.

S’approchant de la rive du lac, la musique commença à s’entendre petit à petit. La famille redécouvrit le village sous un air de fête et de joie. Les lucarnes étaient de plus en plus nombreuses dans le ciel, soufflées par des vents venant de l’est. Alicia s’inquiéta un peu de la densité des nuages, quelques peu éclairés par les cheminées. Elle n’oublia pas qu’une tempête de poussière se préparait et risquait d’arriver à n’importe quel moment. Pour ne pas inquiéter son mari et ses enfants, elle garda cependant le sourire. Elle contrôla également son cœur, elle savait que son visage n’était pas suffisant pour inquiéter Oliver. Les dernières branches d’arbre restaient à traverser, le reflet des bougies des lucarnes commençait à leur tour d’être visible.

Tout le village fut peu à peu réuni. Un peu de sable entrèrent dans ses chaussures qui n’étaient pas assez hautes pour lui en empêcher. Une immense table de bois se dressait à sa gauche, avec pleins de bonnes choses à manger. A sa droite se trouvait des feux de bois où étaient cuits en brochette des légumes et des poissons fraîchement pêchés dans la journée. Un pont de bois permettait d’allumer les lucarnes et de les laisser s’envoler au-dessus de l’eau, entre des milliers de pétales de fleurs de des nénufars. Sur des barques immobiles étaient couchées des corps ayant perdu âme depuis le précédent anniversaire. Vivant comme mort, cette nuit devra être pour tous l’une des plus belles. Des histoires firent contées par des chants anciens sur la gauche du petit ponton. Différents musiciens se tenaient là à jouer jusqu’au bout de la nuit. Des groupes s’étaient formés par-ci par-là suivant les infinités.

A peine arrivé à la fête que les parents de la famille furent conviés à se joindre à des amis.
- « Climi ! Comment vas-tu ? Nous ne nous n’étions pas vu depuis un bon moment ! » se montra une personne que connais particulièrement bien le père Vallen rétablis.
Monsieur Tuvion s’occupait des terres et des animaux du village. Avec son épouse et ses trois enfants, par leur commerce ils permettaient de nourrir le village entier à eux seuls. Petit, Vallen aimait lui rendre visite pour s’amuser dans les hautes céréales et pour apprivoiser les chèvres de Nugina, très grandes et dont leurs cornes permettaient de s’installer sur leur dos. Elles avaient un corps très solide et pouvaient courir très vites. Pouvant fournir du lait en très grande quantité, elles étaient idéales pour se déplacer à longue distance.
- La santé s’améliore ! répondit le père de Vallen. Le commerce fonctionne toujours bien ?
- Les bêtes sentent venir la tempête. Je crois que nous allons de nouveau vivre des heures sombres. Elles refusent de manger. Si seulement les orges pouvaient aussi se redresser !
Tout en gardant un timbre de bonne humeur, Mr Tuvion continua :
- Ce serait dommage que la récolte soit mauvaise, sinon personne ici ne pourrait profiter de ma recette secrète dans nos verres au prochain anniversaire !
Les deux hommes s’échangèrent des sourires avant d’en rigoler un petit peu malgré la gravité de la situation. La mère de Lina s’approcha de son côté d’Alicia pour la saluer. Voyant l’arrivée sa la fille, Vallen se dépêcha de prendre le bras d’Oliver pour se retirer et s’assoir auprès du lac.
- Je reste là, souffla discrètement Oliver. Je vais l’observer ! Clin d’œil ! dit-il avec sourire.
Vallen se dépêcha de rejoindre le brin d’obscurité bien retiré de la fête au bord du lac. Sur le chemin, il croisa un ami des cours d’algèbre. Homa n’a jamais connu ses parents, décédés peu après sa naissance et éduqué par un oncle éloigné. Ils s’apprécient beaucoup tous les deux, bien que Vallen ne soit pas très bon en mathématiques. Ils partagent une même vision des choses, une même vision des sciences.
- Salut Vallen, tu as vu le coucher du soleil hier soir ? J’ai aperçu une étoile briller un peu plus que les autres, à un intervalle régulier.
Vallen leva une main en signe de salut à son tour et s’étonna :
- Oh, je n’ai pas remarqué ça ! Les parents pensent que nous allons devoir nous préparer à une nouvelle tempête de poussière… - Oui, tout le village ne parle que de ça depuis quelques jours. Je ne comprends pas, s’inquiète Homa. D’après mes calculs, nous devions être protégés pour des centaines de cycles. Quelque chose ne va pas.
- Tu as gardé tes écrits ? s’interrogea Vallen
- Oui tout, j’ai tout gardé. Je ne sais pas où j’ai pu faire une erreur ! répond Homa en se pliant sur lui-même et en se grattant la tête.
Lina les observait depuis un petit moment de là où elle se trouve. Ayant laissé ses parents discutées, Oliver avait rejoint ses amis avec qui il partageait une agréable soirée. Elle se retrouva alors seule, éloignée de tous les autres adolescents de son âge regroupées eux dans l’une des maisons du village. Après quelques instants d’hésitation, elle s’approcha de Vallen et d’Homa. Son ombre intercepta Vallen qui continuait de discuter avec Homa tout en regardant le sol.
- Vallen, je peux te parler quelques minutes ? souffla-t-elle discrètement à l’oreille de son ami. Elle redressa ses cheveux pour être sûr d’être parfaite. Vallen fut très embarrassé et son cœur redevint glacial comme dans la ruelle.
- Homa, je suis désolé.
- J’arrive, s’adressa-t-il à Lina. Il continua de fixer son regard sur son ami pour rester concentrer sur la conversation avec celui-ci, ignorant le visage de la fille.
Lina compris que le moment n’était pas venu pour s’adresser à Vallen dont elle en fut déçue par son comportement soudain.
- On se voit au prochain levé du soleil pour étudier tout ça alors ? demanda Homa à Vallen qui commençait à passer à autre chose.
- Okey, au prochain levé du soleil alors ! Passe une agréable nuit du Vieil Homme ! lui répond-il avec grand sourire.
- Bonne nuit du Vieil Homme Vallen ! leva à son tour une coupe de vin en l’air.
Vallen se retourna pour rejoindre Lina qui s’était un peu éloignée de la discussion pour ne pas le déranger. Vallen fut à son tour étonné du comportement de Lina. Il voulait tout simplement jouer avec son caractère. Quand elle a vraiment besoin de lui, elle est de tendance à le tortiller dans tous les sens et à jouer de son charme. Cette fois, un malaise semble être très présent entre les deux êtres pourtant si proches.
- Que voulais-tu me dire ? commença Vallen d’un ton aussi glaciale qu’est son cœur.
En silence, elle prit son bras pour le guider vers les rochers du lac. Le temps du chemin, ils n’échangent aucun mot. Seul la musique de partitions légendaires et les rires des discutions cassent le silence. Ce n’est qu’une fois au bord du rocher que Lina commença à lui parler.
- C’est également l’anniversaire de la mort de mon père. Ma mère à sût se reconstruire, mais moi je n’y arrive pas.
Lina marqua une longue pause avant de continuer :
- Il me reste des souvenirs... Je me souviens de la fois où il a su qu’il était gravement malade. Il nous avait fait voyager dans les environs du village. Il avait transformé la tristesse en de la joie. Ces souvenirs-là ne sont pas assez nombreux pour combler son manque.
Vallen lui tapota son dos et la pris dans ses bras. Ses cheveux se déposent sur son épaule droite. En cet instant, son amour pour elle se montra de nouveau. Un amour dont il refuse et dont il cherche à se débarrasser depuis toujours. Lina n’est pas très appréciée dans son village, par sa recherche de liberté et sa soif d’aventure. Elle ne s’attache pas vraiment aux autres. Malgré qu’elle soit la plus jolie fille du village, beaucoup ont été blessés par son comportement envers les autres. Vallen sait de quoi elle est capable, malgré son passé et sa demi apparence timide. Il ne veut pas souffrir à son tour. Il sait qu’il est une proie facile pour cette fille qui peut l’utiliser jusqu’à sa mort. Mais le moment n’est pas venu pour penser à cela. Il commença :
- Lina, lève les yeux et regarde au-delà du lac. Ton père se trouve quelque part dans notre monde. Près de ton cœur, près de celui de ta famille et dans chacun de nous tous dans le village. Il est à de multiples horizons, partout autour de nous. Il ne peut plus te dire « je t’aime », ni apporter ce qu’un père peut apporter à sa fille. Mais si tu veux y croire, tu réussiras à l’entendre de nouveau.
Il leva une main pour essuyer la larme qui coule du visage de Lina, cette dernière incapable de dire un mot.
- C’est l’anniversaire de la mort d’un ami, pour mon père. Ils ont traversé leurs maladies ensemble, comme de bons vieux amis. Sans ton père, je n’aurais plus le mien. Je crois qu’il lui manque aussi. Ces petits pains sortant de la cheminé me manquent aussi. La croûte dorée et craquante, avec la mie fondante… Vallen sait que Lina aime parler du patrimoine qu’a laissé son père. Dans de nombreux journaux intimes, tout son savoir-faire a été transmis à sa femme qui peut désormais reprendre la relève.
- Tu n’aimes pas ceux de ma mère ? dit-elle avec un grand sourire, mais avec la voix rock.
- Si bien sûr. Mais quand je les mange, j’ai l’impression qu’ils viennent de ton père. Il est toujours là, tu vois !
Il sait que ces mots ne sont pas suffisants, ni rassurants. Mais soudainement, lui vint une idée. Voyant Lina tenant toujours dans ses mains sa propre lucarne, il se rendit compte de ne pas l’avoir non plus allumé et lancée dans le ciel. Plongeant sa main dans cette dernière, il sorti le petit mot dont il voulait partager aux dieux. Sans l’ouvrir, il le montra à la jeune fille toujours assise auprès de lui.
- Lina, voilà mon vœu. J’espère que les dieux l’entendront !
- Tu y crois vraiment à cela ? lui demanda-t-elle.
- Je crois plus en mon vœu qu’aux Dieux. Je veux juste y croire, lui répond-il.
Elle retira à son tour le papier de sa lucarne et commença à l’ouvrir. Vallen lui pris la main et l’en empêcha.
- Je ne veux pas savoir ce que tu as écrits.
Elle le replia et le remis soigneusement dans la lucarne pour qu’il ne s’envole pas, attaché à un morceau de ficelle.
- Si nous les lancions du rocher ? Nous prendrions alors un peu de hauteur et ils toucheraient peut-être plus facilement les dieux ? demanda-t-il en plaisantant un peu, avec l’objectif de faire rire Lina.
- Si tu veux.
En se levant, une lucarne passa devant-eux, à quelques centimètres du rocher. Les deux espèrent pouvoir l’atteindre pour réussir à prêter la bougie afin d’allumer les leurs. En battant des mains pour brasser de l’air en leur direction, la lucarne commença à leur être atteignable. Vallen attrapa la petite poignée et Lina attrapa la bougie. Après avoir allumé chacun des leurs, ils les lâchèrent en même temps.

Vallen ne quitte pas des yeux la lucarne qui incarne son rêve le plus cher. Peut-être, pense-t-il, que ce geste était inutile. La flamme de sa lucarne brille de plus belle que son reflet sur le lac. Vallen préfère observer le paysage de ce rocher, offrant un meilleur paysage que nul par ailleurs. Les mots lui viennent déjà pour écrire un poème pour que son frère puisse découvrir à son tour le merveilleux spectacle sous ses yeux. Lina non plus ne bouge pas, sa tête colée à celle de Vallen. Ses mains ne lâchant toujours pas son bras.
- Ne m’en veut pas, lui dit-elle soudainement.
Le garçon sait ce que signifient ces mots. Son cœur redevint glacial et son visage devint à son tour très froid. Mais il ne quitta pas son regard fixé entre l’horizon et le ciel. Aucun mot ne lui vient à l’esprit. Lina compris à son tour que le temps était venu de partir. Des dernières larmes coules de son visage. Elle se retourna et fit quelques pas avant de quitter du regard son plus grand ami d’enfance. Vallen était son seul et véritable ami. Elle sait ce qu’elle ait envers les autres. Mais elle a toujours été différente avec lui. Peut-être qu’ils ne se verront plus jamais. Leur amitié semble être une bonne fois pour toute brisée. Depuis leur première rencontre, ces deux anciens enfants ont bien grandi. L’un d’entre eux à fait le choix de prendre un nouveau chemin. Vallen avait appris dans ses livres qu’après le deuil vient une deuxième étape. Lina semble prête à prendre le nouveau chemin qui mène à cette deuxième étape. Une étape qu’elle fera seule. Vallen continua de fixer la lucarne qui s’envola au-delà de la frontière du ciel, vers une autre étoile du domaine. Il entendit des pas, d’un ton très léger et d’une forte présence. Un très grand homme se dressait au dos de Vallen qui, perdu dans son chagrin, continua de regarder le ciel-son unique source de bonheur.
- N’ai pas de chagrin pour elle, dit cet homme avec un ton léger et d’un long souffle.
Le visage du Vieil Homme représente tout ce dont cet être à traverser au cours de sa vie. Sa sagesse est représentée physiquement par des plis de la peau très minutieux tout autour des yeux blancs et brillants. Ses sourcils sont bien plus nombreux que les poils de ses cheveux. Il porta un grand habit de tissus, des mêmes tissus que portait également Vallen. Aucune couleur ne se reflétait sur cette immense mais discrète chemise allant de la tête aux pieds et tenu au bassin par une ceinture de ficelle argentée et brillante. Sur son avant-bras gauche, il portait également un immense bandeau de feuilles d’arbres commun dans la forêt du village.
- Ce sont les personnes que nous aimons le plus qui nous quittes le plus douloureusement. La douleur ravage le cœur. Tu as encore beaucoup à vivre Vallen. Et la vie n’est possible qu’en voyant au plus loin de l’horizon. Et en ne perdant pas espoir envers nos plus grands rêves, continua-t-il avec délicatesse et légèreté. Ne te renferme pas sur cette tristesse. Un long voyage t’attend. Vallen se retourna sur ces mots, mais le vieil Homme n’était plus là. Surpris de découvrir à la place, il vit son frère qui semblait se tenir là depuis quelques moments. Oliver avait senti la tristesse qui jaillissait en son cœur fragile et battant rapidement.
- Elle part donc, c’est ça ? demanda alors Oliver.
Cette nuit de fête n’était plus pour Vallen. Peu importait les couleurs et les intensités des étoiles. Peu importait également le discours du Vieil Homme. Il aimait ce jour pour la joie que respirait le village entier. Pour l’inspiration qu’offrait le ciel sous les vols des lucarnes. Vallen n’a jamais quitté le village, et ignore tout du reste de son monde. Mais l’espoir lui revint. Les derniers mots de ce qu’il lui semblait-être le Vieil Homme lui revint : « Un long voyage t’attend ».